Au milieu l’aiguille a cassé

Journal de bord – Octobre 2026 –

« Depuis la grille de secours au plafond, le fil dans l’aiguille qui maintient la lumière électrique au-dessus de nos têtes apparaît dans la phosphorescence du jour d’après. D’un commun accord avec ma conscience, les uns et les autres avons cet avantage : de pouvoir nous adresser de nous à nous, et de faire venir tout ça au bout d’une aiguille ultrafine, quel que soit le poids, et même si le poids du Pour augmente, et même si de l’autre poids dépend son abaissement, la justesse jamais sur la balance impartiale ne distingue la paix du mal en tas équidistants répartis à travers le monde dans un futur de plus en plus grand. »

A lire sur mon Substack.

L’existence paradoxale

Journal de bord – été 2026 –

Texte paru dans substack

Les grandes fleurs demeurent, corolles mauves et noires, séparées puis rassemblées en larges bandes où leurs motifs se répandent sur le pourtour du tapis. Le cadre, d’un vert tendre, accueille nos pas en ce jour d’été tempéré. Les pieds nus de l’autre déesse — celle de 1905 — avaient déjà rassuré les admirateurs futurs de Cézanne : la confrontation est plus de l’ordre de la répartition, fragmentations que du contenu même qui ne change pas avec les siècles.

[…]

Suite par ici.

Littérature post-11 septembre

Se couper de sa famille, de ses responsabilités ou se soumettre aux règles du poker après le traumatisme du 11 septembre ? Dans quel régime répétitif, dans quelle mécanique se dissoudre ?

Du stress post-traumatique du 11 septembre, Don DeLillo tire ce roman grandiose, L’homme qui tombe. Traduite par Marianne Véron, cette fable initiatique éclatée met en scène des personnages qui se débattent sous la toile arachnéenne du 11 septembre. Seul élément structurant, seul élément fédérateur : un homme qui tombe. Le fracas de la chute est logé dans le texte, l’accumulation des phrases, dans cette nouvelle ère où les corps soumis à une tectonique de plaques géopolitiques chaotiques, tombent.

La question que pose Don DeLillo dans ce roman qui fera date est évidemment une question stylistique fondamentale. Comment écrire la chute, comment faire tenir dans une phrase ce qui défait un monde. A lire par ici.